Thierry SLOT

Source : Paul Slot, tous droits réservés.
1992 - Le gardien de la paix Thierry Slot est abattu par un malfaiteur qu'il est sur le point de contrôler. Âgé de trente-et-un ans, il était marié et père d'une petite fille âgée d'un an au moment des faits.

Il est nommé Officier de paix à titre posthume et élevé au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur.

Son assassin n'est toujours pas identifié.

Page réalisée avec l'aimable autorisation
et contribution de sa famille.

Ci-dessous, un texte de son collègue Pierre Goebel dédié à sa mémoire.

Mercredi 14 Octobre 1992. Deux gardiens de la paix des Unités Mobiles de Sécurité patrouillent à Fontenay-Sous-Bois (Val de Marne) à bord de leur Peugeot 309 sérigraphiée. Les rues sont vides, la France affronte effectivement l'Autriche au Parc des Princes dans un match qualificatif pour la coupe du monde 1994 aux États-Unis.

Vers 21h00, Avenue Danton, les policiers remarquent un individu suspect, dissimulé derrière une camionnette blanche contre laquelle il se tient appuyé l'air impatient, casquette vissée sur la tête. Il tient un sac semblant bien rempli. Les policiers le sentent fébrile et décident de le contrôler. Ils effectuent une simple marche arrière pour se remettre à sa hauteur. C'est une erreur fatale.

Quand la Peugeot 309 parvient jusqu'à l’individu, il est déjà en position de tir, un pistolet avec silencieux de calibre 7,65 calé dans les mains. Il tire à sept reprises et à moins de deux mètres de distance sur les policiers.

Côté passager, le gardien de la paix Jean-Luc Biron n’a pas le temps de réagir et reçoit deux projectiles dans le cou et le thorax. Dans le même temps, le gardien de la paix Thierry Slot tente de s'extraire du volant et riposte deux fois, mais il est atteint mortellement à trois reprises à la poitrine. Le tueur s’approche du passager et lui tire une nouvelle fois dessus avant de partir en courant.

Le meurtrier ne s'arrête pas là. Dans sa cavale, il dérobe la voiture d'une jeune infirmière, une Opel Corsa qu'il abandonne Boulevard Carnot à Alfortville. Là encore, il recherche un moyen de fuite et vole un utilitaire Citroën à un artisan. Ce dernier ne se laisse pas faire, mais le malfaiteur lui tire une balle dans le ventre. La piste s'arrête à Villeneuve-Saint-Georges, là où la camionnette volée est retrouvée.

Le tueur n'a toujours pas été identifié à ce jour.

Lundi 30 Novembre 1992. Le gardien de la paix Jean-Luc Biron, trente-deux ans, marié et père de deux enfants, est décoré de la médaille d'argent pour acte de courage et de dévouement des mains du préfet du Val-de-Marne, Jean-Claude Le Taillandier de Gabory. Il est élevé au grade de chevalier de l'ordre national du mérite.

Octobre 2008. De vaines expertises sont lancées à partir des scellés mais elles repoussent la prescription du crime à 2018.


Sources et références : 

Entretien avec Paul Slot (père) 
Journal télévisé du 15/10/1992 , "reportage sur les lieux des faits à 7mn"
Journal officiel du 24/10/1992, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel du 29/12/1992, page17863, "Ordre national du mérite, décret portant nomination"
L'Humanité, article du 30/11/1992, "Préfecture : médaille du courage pour un policier"

L'Humanité, article du 16/10/1992, "Ronde mortelle"
La Parisien, article du 15/10/2008, "Qui a tué le policier Slot le 14 octobre 1992 ?" 
France Soir, article du 17/07/2010, "L'énigme de la mort du policier Slot"

Michel MACE

1992 - Le brigadier de police municipale Michel Macé par un malfaiteur surpris en flagrant délit de vol à main armée à Redon.

Michel Macé était marié et père de de deux enfants. Il travaillait depuis plus de vingt ans au service de la commune de Redon, également comme pompier volontaire.

Si vous êtes un proche de la victime,
merci de me contacter.
Jeudi 17 Septembre 1992. Un sinistre individu se présente au guichet de la Banque de Bretagne, sise rue des Douves dans le centre-ville de Redon (Ille-et-Vilaine). Il est 11h40.

Visiblement très expérimenté, il exhibe calmement une arme de poing de calibre 9mn à la réceptionniste. Le malfaiteur quitte la banque sans précipitation avec un butin de 40.000 francs et prend sereinement la direction du parking de la gare où se trouve stationnée son Audi 80.

Quelques instants plus tard, un employé de la banque sort affolé de l'établissement et s'enquérit brièvement de la situation auprès de Michel Macé, brigadier de la police municipale locale, lequel était occupé à réguler la circulation.

Le policier lance un appel radio puis se lance à la poursuite du braqueur qui lui est désigné. Ce dernier vient d'atteindre l'Avenue de la Gare lorsqu'il tente de le ceinturer, mais le truand braque aussitôt son arme sur lui.

Le policier tente de maîtriser son agresseur en saisissant le poignet du bras armé. Après une bousculade de quelques secondes, cinq coups de feu sont déclenchés. Frappé par un projectile à l'épaule à bout touchant, Michel Macé, trente-neuf ans, s’écroule face contre terre. Devant plusieurs témoins horrifiés, le malfrat tire encore une fois dans la nuque du policier et reprend son chemin sans exprimer la moindre panique. Il quitte Redon à bord de l'Audi 80.

Les services de secours ne parviendront pas à ramener à la vie le policier, dont les graves blessures ne permettaient pas son transport. Marié et père de deux petites filles, il était membre de la police municipale de Redon depuis vingt ans. Il était également bien connu de la commune pour ses services rendus en tant que pompier volontaire.

Les gendarmes de Redon et la section de recherche de Rennes mettent aussitôt en place un dispositif d'interception sur le réseau routier d'Ille-et-Vilaine. Un hélicoptère et 250 gendarmes contribuent aux recherches. L'Audi 80, modèle très ancien peu discret, est rapidement repéré par des motards de la gendarmerie sur la D8 près de Monterrein. Une fusillade éclate, l'Audi 80 alors criblée de balles voit sa mobilité réduite.

Dimanche 20 Septembre 1992, 9h00. L'Audi 80 est retrouvée vide d'occupant dans les bois du Lobo, à deux kilomètres de la commune de Caro. Avec l'appui de deux équipes cynophiles, les gendarmes procèdent à l'arrestation du fugitif, épuisé, vers 17h30, avec l'arme du crime et le butin. Deux autres braquages effectués dans la région lui seront également imputés.

Arrigo Giorgio Candela, trente-six ans, est un franco-italien qui fait déjà l'objet d'un mandat d'arrêt international pour trois meurtres commis dans la région de Turin (Italie). Les carabiniers avait surnommé ce braqueur chevronné "Rambo" à cause de son habitude à se terrer dans des forêts lorsqu'il se savait recherché. Les policiers découvrent dans son camping-car dissimulé dans un bois à Pleubian un important stock d'armes automatiques et leurs munitions.

Mardi 15 Mars 1994. Alors qu'il est escorté par les gendarmes de Caen pour une reconstitution des faits, Candela parvient à subtiliser l'arme de service de l'un d'eux malgré le port de ses entraves dans le dos. Il faisait feu en blessant grièvement un gendarme au ventre. Impassible, il déclarait plus tard au tribunal "Dès le matin, j'ai su que l'escorte était à ma portée."

Mercredi 7 Février 1996. La cour d'assises d'Ille-et-Vilaine condamne à la réclusion criminelle dite à perpétuité Arrigo Candela pour vols qualifiés, homicide et tentative d'homicide. Peine assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans. Il n'a jamais exprimé aucun remord, allant jusqu'à argumenter que Michel Macé avait pris des risques inconsidérés en s'attaquant à sa personne. Il décède en Février 2007.


Sources :
Ouest-France, article du 18/09/1992, "Le braqueur tue le policier à Redon"
Le Monde, article du 23/09/1992, "Arrestation du meurtrier présumé d'un policier municipal de Redon"
La Reppublica, article du 22/09/1992, "Rambo arrêté en France, risque la prison à vie"
Le Télégramme, article du 24/04/1998, "Arrigo Candela alias Rambo entendu à Rennes"
Le Télégramme, article du 15/02/2007, "Rambo est décédé à l'hôpital" 

Claude Raphaël HUMBER

1992 - Le gardien de la paix Humber est victime d'une chute mortelle en mission d'entrainement de secours en haute montagne.
Lundi 3 Août 1992. Le gardien de la paix Claude-Raphaël Humber se trouve au centre national d'entraînement à l'alpinisme et au ski des Compagnies républicaines de sécurité de Chamonix (Haute-Savoie) lorsqu'il est victime d'une chute au glacier des Bossons dans le Massif du Mont-Blanc. Il était âgé de vingt-sept ans.

Le CNEAS est le plus ancien centre de formation spécialisé dans le secours en montagne français. Il est basé à Chamonix Mont-blanc depuis le 4 janvier 1955.

Les actions du centre sont : la sélection et la formation des agents de montagne des CRS ainsi que celle des personnels de la police nationale amenés à intervenir en milieu vertical tels les policiers dans les groupes d'interventions, la formation des médecins urgentistes partenaires du secours en montagne, des actions de formations à l'étranger, et la participation aux commissions nationales et internationales de secours en montagne.

Sources :
"Victimes du devoir" de Stéphane Lemercier, éditions du Prévôt, page 188.

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